La Guerre Humanitaire -
Observateurs Arabes en Syrie Vs NED: qui est légitime ?

Ces derniers jours, nous avons assisté à une véritable insurrection des médias occidentaux, français en tête. Ces derniers estiment être en position de contester la légitimité des observateurs de la ligue arabe en Syrie. L’ensemble des relais auxquels ces médias font appels sont liés à la NED (National Endowment for Democracy). L’organisation fut créée en 1982 par Reagan et envisage d’utiliser le prétexte droits de l’homme afin de mieux dissimuler l’ingérence étasunienne.

La critique des médias occidentaux repose sur deux arguments principaux :

  • Les observateurs de la ligue arabe ne peuvent faire leur travail de façon exhaustive car le régime syrien cacherait les preuves de ses crimes en encadrant les observateurs.
  • Le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi nommé à la tête des observateurs ne serait pas “crédible”.


La première assertion doit être comprise par ce qu’elle souhaite dissimuler via une rhétorique douteuse   :

  • stopbach

-Le régime syrien dissimule les preuves de ses crimes - comme le faisait prétendument le régime de Kadhafi, ce qui n’est toujours pas prouvé aujourd’hui.

-De plus, l’armée syrienne encadre de façon contraignante la liberté des observateurs. Il sera donc extrêmement difficile de produire des preuves.

-Il n’y aura donc pas de preuve solide suite à cette mission, sinon le premier rapport présenté par Navi Pillay au conseil des droits de l’homme des Nations Unies, rapport si pauvre qu’il ne peut être considéré par un tribunal comme constituant des éléments solides à la charge du régime Syrien.

La seconde assertion - quant à elle - questionne la légitimité de la procédure d’observation de la Ligue Arabe.

  • soudan

Elle conteste en particulier la légitimité du général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, chargé de conduire la mission d’observation.

Plus précisément, Marc Lavergne, coordinateur du groupe d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU pour le Darfour en 2006, lui reproche de s’être opposé à une “enquête sur les crimes contre l’humanité qui se déroulaient au Darfour. On a donc là quelqu’un qui passe lui-même pour un tortionnaire aux yeux des opposant soudanais.” Il serait donc lui même lié à des actes abominables tels ceux dont on accuse le régime Syrien.

Mais là encore, toujours pas de production de preuve.

Ces deux assertions reposent donc l’une sur l’autre sans que l’une d’elle ne puisse indépendamment se justifier par des faits matériels et des preuves documentées. Mais présentées ainsi, l’esprit ne pensera pas à questionner la véracité de la première accusation indépendamment de la seconde.

Procédons donc à l’inverse de cette logique et questionnons ces assertions sur le plan du droit international puisqu’il s’agit d’un conflit mais surtout sur le plan de la raison.

La charte des Nations-Unies entend limiter les souverainetés des États pour éviter les tensions internationales qui peuvent conduire à des conflits armés. Mais cette limitation ne permet en aucun cas l’ingérence. Or dans cette affaire, il est toujours question de commentaires sur l’exercice du pouvoir en Syrie, il s’agit donc bien de questionner et critiquer - voir contester- l’exercice de la souveraineté de la Syrie sur son propre territoire.

Ceci étant dit, observons maintenant les relais de ces assertions contre le régime Syrien.

nedfidh


  •  Axel Poniatowski est quand à lui chargé de “résoudre” le problème posé et inventé par ses alliés. C’est à dire : Brouiller les pistes en proposant le remplacement des observateurs de la Ligue Arabe par d’autres observateurs  tout en contournant la possibilité d’une résolution pacifique du conflit en appelant à la saisine du Conseil de Sécurité.  

Il estime dans un article du Monde que “Ce plan (l’envoi des observateurs arabes) est utile, Il doit maintenant faire l’objet d’une résolution en l’état au Conseil de sécurité des Nations unies. Cela rendra plus difficile l’opposition de la Chine et de la Russie. 

Axel Poniatowski est le Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale depuis le 28 juin 2007. Mais il a aussi participé à la fondation de l'International Movement of Parlementarians for Democracy, un programme du World Movement for Democracy de la NED. Ce programme fondé en 2003 avait alors réuni 24 parlementaires issus de 13 pays différents. Un autre français y participa : Jean Dominique Giuliani le président de la Fondation Robert Schuman pour l’Europe.

Conclusion : La National Endowment for Democracy dont la légitimité - quant à elle- peut être véritablement questionnée estime être en mesure de produire l’intégralité du discours accusateur à l’encontre du régime syrien ainsi que la solution adéquate en toute situation.

Pourtant

  •  La National Endowment for Democracy n’est pas une Organisation Non Gouvernementale (ONG) puisque son budget est voté par le congrès des États-Unis.

  • L’organisation s’ingère illégalement dans la vie politique de nombreuses Nations : Russie, Venezuela, Libye, Myanmar, Syrie, République Démocratique du Congo, etc.

  • L’organisation, malgré son discours accusateur, n’a pas produit, à ce jour, la moindre preuve sérieuse à l’encontre du régime Syrien.

En résumé, ceux qui entendent user du sophisme pour nous faire admettre l’impossibilité de produire des preuves sans saisine du conseil de sécurité - et donc sans prendre le risque d’annihiler toute possibilité de procédure d’observation - sont précisément ceux qui sont les moins légitimes pour commenter cette procédure. En effet, ils se placent de façon officielle en dehors du cadre du droit international ainsi qu’en position offensive, cette dernière étant en contradiction avec l’idée de résolution d’un conflit intraterritorial. De plus, le but affiché est de contourner les vétos Russes et Chinois soit de contester encore une fois l’exercice de la souveraineté de certaines Nations alors que celles-ci respectent les procédures internationales courantes dans le cas Syrien.

Julien Teil

Retour sur les préparations de la guerre en Libye

La coalition emmenée par la France en Libye n’a fait l’objet d’aucune protestation au sein de l’hexagone. Aucune manifestation, aucun rassemblement anti-guerre. Pourtant, il y a huit ans, lors de la guerre en Irak à laquelle la France ne participait pas, la gauche anti-impérialiste s’est mobilisée dans la création d’un mouvement pacifiste important. Il semblerait que les acteurs de la gauche aient été leurrés par l’effervescence du printemps arabe et la protection des civils, objectif officiel de la guerre en Libye.

Il aura fallu attendre le 12 septembre pour que l’association Survie, fer de lance du rejet du néocolonialisme français en Afrique, daigne écrire ce qu’est cette guerre, près de six mois après le début des bombardements. Les mots sont justes, « si l’opinion française, tous partis politiques confondus, s’est laissée prendre à cet amalgame grossier, l’opinion africaine, quasi unanime mais inaudible, ne s’y est pas trompée. Elle qui a vu dans les interventions en Côte- d’Ivoire et en Libye une entreprise de reconquête impérialiste » .

Les prétendus objectifs humanitaires de la guerre ont détourné l’opinion publique des véritables causes de l’agression libyenne : pétrole, eau, richesses africaines constituent bien, parmi d’autres, les réels enjeux de cette guerre coloniale. Le mythe de la protection des civils ne tient plus une seconde face à l’observateur attentif. Comme l’écrivent 14 députés communistes et apparentés en aout 2011, « le mythe de la protection des civils a fait long feu. La manipulation consistait à faire croire à l’imminence d’un bain de sang en Cyrénaïque et à une répression sans nom de la part des forces de Mouammar Kadhafi. Or, comme l’écrivait l’Humanité depuis Benghazi, les responsables hospitaliers de cette ville ont comptabilisé 250 morts suite à la répression. Un chiffre n’ayant rien à voir avec les milliers de morts annoncés ! Un rapport livré par une spécialiste d’Amnesty International ayant passé plus de 3 mois en Libye, confirme que « le nombre de morts a été grandement exagéré ». Les 20 et 21 mars, la chaîne d’information al-Jazira affirmait que « les avions et les hélicoptères de Kadhafi bombard(aient) Tripoli, secteur par secteur, faisant des centaines de victimes ». Pourtant, d’après les témoignages recueillis sur place, « de tels bombardements n’ont pas eu lieu ». « Dans un quartier du centre, on nous montre un immeuble que l’aviation de Kadhafi aurait bombardé, et dont il ne restait plus rien selon Al-Jazira. Mais l’immeuble est intact » (France Soir du 9 avril). Comme les « armes de destruction massives » en Irak, la « protection des civils » n’a donc été que le prétexte de cette guerre, elle n’en constitue pas le mobile » .

Ces députés, qui souhaitent l’ouverture d’une commission d’enquête à l’Assemblée Nationale, se proposent de répondre à trois questions :

– Quelle est la nature de l’intervention militaire en Libye, quels sont ses objectifs ?

– Quelles activités économiques sont particulièrement en jeu ?

Pourquoi la coalition a-t-elle ciblé des édifices n’ayant aucun intérêt militaire ?

Ces questions sont primordiales et devront être élucidées afin d’empêcher que cette guerre ne se reproduise sous d’autres latitudes. Pourtant, une dernière question demeure : si les arguments corroborant à l’entrée en guerre sont des inventions, cela veut-il dire que les révoltes de février à Benghazi ont servi de prétexte à une intervention militaire planifiée de longue date ? Or si cette guerre est planifié de longue date, cela s’est fait avec des « marionnettes » libyennes qui seront placés par les chancelleries occidentales au centre du nouveau pouvoir libyen contre les intérêts du peuple Libyen. C’est exactement ce qu’il se passe actuellement en Libye, avec la nomination, entre autre, de Khalifa Hiftar à la tête de l’État major de la nouvelle armée libyenne, parachuté depuis Washington.

Nous avons toutes les raisons de penser que cette guerre ne sort pas de nulle part mais a été envisagée depuis un certain nombre d’années. Cet article se propose d’étudier les relations troubles entre certains libyens et les puissances occidentales de la coalition libyenne. L’étude du personnage d’Ashur Shamis est très révélatrice. Elle montre très clairement les liens existant entre les Etats Unis, l’Angleterre, le Conseil National de Transition (CNT) Libyen et des groupes de la « nébuleuse islamique ». Afin d’assouvir leurs projets colonialistes et impérialistes, les Etats Unis et l’Angleterre ont collaboré avec un certain nombre de Libyens éperdu de pouvoir et d’argent, et/ou des islamistes radicaux. Parmi eux, Ashur Shamis.

Un journaliste opposant en exil

Ashur Shamis est né en 1946 en Libye et vit au Royaume Uni officiellement depuis une trentaine d’année. Présenté comme un journaliste d’opposition à Kadhafi ou un opposant en exil, il est officiellement retourné en Libye en septembre 2011, après la prise de Tripoli. Il écrit régulièrement pour Al Jazeera et pour The Guardian, tout en étant l’éditeur du site web Akhbar Libya. Rien de plus normal pour un opposant au régime Kadhafiste que d’écrire depuis trente ans pour dénoncer les crimes du régime et promouvoir une Libye « démocratique », fier de maîtriser parfaitement la novlangue qui plait tant aux occidentaux. A ce titre, il est habitué des studios de télévision anglais, et est très souvent cité par la presse anglo-saxonne et française.

Parallèlement à ses activités de journaliste, Ashur Shamis fréquente également les hautes sphères anglaises et américaines. Acteur de l’ombre du renversement du régime de Kadhafi, Ashur Shamis travaille très étroitement avec le CNT. Ainsi, le 8 juin 2011 lors d’une réunion à propos du futur en Libye organisée par la Chatham House, en présence d’Alistair Burt, député britannique, il affirme qu’il a « beaucoup d’admiration pour le conseil et le plein soutien du conseil ». Ashur Shamis semble être un personnage important, au sein du nouveau pouvoir Libyen en lien avec les centres de décision occidentaux.

Mais les rencontres d’Ashur Shamis avec les sphères du pouvoir anglo-saxonne ne date pas de cette année. On le retrouve déjà en novembre 1994 lors d’une conférence intitulée « la Libye post-Kadhafi : perspectives et promesses ». À cette occasion, il est présenté comme un érudit islamiste. Cette conférence est organisé par le Centre d’Étude Stratégique et International (CSIS), think-tank conservateur américain. Cette conférence qui a lieu en 1994 réunit déjà, 16 ans avant la guerre libyenne, des personnages clés qui apparaissent en Libye depuis février dernier. C’est le cas d’Ali Tarhouni, influent ministre des finances et du pétrole du CNT. Cette conférence est importante par les personnages qu’elle réuni, nous y reviendrons plus tard. Ashour Shamis et Ali Tarhouni seront également présents les 25 et 26 juillet 2005 à Londres lors de la Conférence Nationale de l’Opposition Libyenne. Au cours de cette conférence est présenté le souhait d’établir un gouvernement transitoire d’un an après Kadhafi.

En enquêtant plus profondément sur le personnage d’Ashur Shamis, nous nous rendons vite compte qu’à côté de ses occupations officielles, il mène en parallèle de nombreuses activités troubles.

Des liens avec la National Endowment for Democracy (NED)

Afin de subvertir et renseigner des régimes opposés aux politiques américaines, le président Reagan a mis en place un paravent officiel en 1986, la National Endowment for Democracy. En effet, la centrale de renseignement américaine, la CIA, ne peut subventionner directement des programmes ou organisations qui se doivent d’être nationaux et libres. La CIA utilise donc des relais comme la NED. Cette ONG est financée quasi exclusivement par le Département d’État américain, branche de la présidence chargée de la politique étrangère, tout comme la CIA. Officiellement, 98,9% des revenus de la NED proviennent de subventions gouvernementales américaines pour l’année 2010. À noter que la NED dispose d’un budget annuel qui dépasse les 135 million de dollars.

La NED a en réalité été créée pour réaliser publiquement ce que la CIA a fait secrètement durant de nombreuses années. Le premier président de la NED, Carl Gershman, avouait en 1986 : «Il serait terrible, pour les groupes démocratiques du monde entier, d’être vus comme subventionnés par la CIA […] C’est parce que nous n’avons pas pu continuer à le faire que la fondation [la NED] a été créée». De son côté, Allen Weinstein, qui a travaillé à la rédaction des statuts de la NED, en 1983, confiait au Washington Post le 22 septembre 1991 : «Beaucoup de ce que nous faisons, maintenant, a été fait, en secret, par la CIA, il y a vingt-cinq ans».

Le site internet officiel de la NED propose trois dossiers sur son action en direction de la Libye. Les trois associations subventionnées par la NED en Libye sont : Akhbar Libya Cultural Limited, Libya Human and Political Development Forum et Transparency Libya Limited, elles sont toutes trois domiciliées à Londres. Il est intéressant de se pencher sur ces trois organisations pour y découvrir quelles sont les personnes impliquées. Par exemple, il apparaît qu’il existe un individu non identifié « Beata Wozniak », qui est ou a été directeur de chacune des trois associations. Or, sur les trois documents officiels de ces associations, la date de naissance de cette personne est fausse : 01/01/0001. D’après un avocat accrédité à la Cour Pénale Internationale, seul les agents de renseignement britannique peuvent ouvrir une association en Angleterre en trichant sur la date de naissance. Il est donc fort probable que ces trois associations soient des associations fantômes ouvertes par les services de renseignements britanniques, financées par le département d’État américain (via la NED), dans lesquelles des sommes d’argent à destination non identifiée ont transité. Ces trois associations sont étroitement liées car une même personne a été directeur de ces trois associations.

L’étude de l’association Libya Human Development Forum est la plus révélatrice des liens troubles existants entre CIA, services de renseignements britanniques, CNT et la nébuleuse islamique. Le premier directeur de l’association a été Ashur Shamis à partir du 20 juin 2003. Ensuite vient Norman Benotman à partir du 15 juin 2005. Puis au 15 juin 2007, l’énigmatique Beata Wozniak. Sur ces documents, nous apprenons également qu’Ashur Shamis a été directeur ou secrétaire de trois compagnies qui ressemblent fortement à des sociétés écrans destinées à faire transiter de l’argent.

Il est intéressant de se pencher rapidement sur Norman Benotman, second directeur de Libya Human Development Forum. Ce Libyen vivant en Angleterre a été à la tête du Groupe Islamique pour le Combat en Libye (GICL), groupe faisant parti intégrante de la nébuleuse islamique, un temps affilié à Al Qaeda. Norman Benotman a également été un membre d’Al Qaeda officiellement jusqu’au 11 septembre 2001. À cette date, il annonce avoir changé d’idéologie et regretter son passé de djihadiste. Proche de Mahmoud Jibril (ancien premier ministre du CNT), il travaille aujourd’hui comme analyste à la fondation Quilliam en tant que « déradicaliseur ». La fondation Quilliam est une étrange fondation, décrite par The Guardian comme « un think tank de contre radicalisation financé par le gouvernement britannique ».

Les liens existant entre Norman Benotman et Ashur Shamis sont nombreux : figures de l’opposition libyenne vivant en Angleterre, ils ont des liens étroits avec la nébuleuse islamique et particulièrement le Groupe Islamique de Combat en Libye (GICL). Ils se connaissent bien, ayant été tous les deux directeurs d’une même associations. Norman Benotman prétend avoir changé et être passé du côté des « musulmans modérés » et s’être rallié au combat bushien de guerre contre le Mal ; ce serait pour cette raison qu’il travaille au sein de la fondation Quilliam et avec les services secrets anglais. Si Norman Benotman admet publiquement avoir côtoyer des djihadistes, Shamis évoque peu ses liens passés ou présent avec des islamistes radicaux.

Un journaliste / opposant recherché par Interpol

Pourtant, les liens entre Shamis et la nébuleuse islamique existent et sont extrêmement révélateurs. En effet, en faisant une recherche sur le site officiel d’Inteprol, il est stupéfiant de découvrir qu’Ashur Shamis est recherché pour « des crimes impliquant l’utilisation d’explosifs et d’armes ». Le mandat d’arrêt a été émis en 2003 et est toujours en cours au 8 novembre 2011 (la capture d’écran ci dessous date du 21 septembre 2011).


La notice rouge placée en haut à droite indique qu’Interpol demande l’arrestation provisoire d’une personne recherchée en vue d’une extradition fondée sur un mandat d’arrêt ou une décision judiciaire. En effet en 2003, le gouvernement libyen a émis un mandat d’arrêt Interpol contre sa personne pour ses liens présumé avec le GICL et des islamistes radicaux liés à Al Qaida. Il est plus qu’étrange qu’Ashur Shamis n’ai jamais été inquiété par aucun gouvernement occidental malgré le mandat d’arrêt Interpol et qu’il puisse être en réunion avec des députés britanniques. Pourtant, le 29 septembre, suite à l’émission d’une notice rouge Interpol à l’encontre de Saadi Kadhafi, les pays occidentaux ont fait pression sur le Niger où il serait réfugié pour réclamer son extradition. Sur la base de cette notice rouge Interpol !

Bien sûr, il serait possible de penser que le gouvernement libyen a simplement classé tout les opposants au régime comme islamiste afin de faciliter leur extradition vers la Libye. En 2004, Shamis s’explique devant les allégations du régime soulignant ces liens avec Al Qaeda : « J’ai toujours condamné publiquement Al Qaeda et milité pour des changements pacifiques et des réformes en Libye » .

Ces déclarations semblent toutefois peu convaincantes. En effet, Ashur Shamis, qui prétend milité pour des changements pacifiques, a été un des fondateur du Front National pour le Salut de la Libye (FNSL) en 1981, et en a été le président en 1985. Or ce groupe a revendiqué le coup d’État manqué en 1984 à Tripoli et a tenté à de nombreuses reprises des coups de forces lourdement armés en Libye, notamment en 1993. Mais surtout, le FNSL est connu pour être très proche de certains mouvements islamistes. Dans un article du 9 aout 2011, le journal Jeune Afrique prétend que le FNSL est islamiste et basé à Riyad . Dans son livre « Manipulations africaines » publié en 2001 par Le Monde Diplomatique, Pierre Péan montre que Khalifa Heftir, un islamiste bien connu lié lui aussi au GICL, a fait parti du FNSL, décrit dans ce livre comme un groupe d’opposition à Kadhafi soutenu par la CIA. À noter qu’Heftir a vécu près de vingt années aux États Unis avant de devenir l’un des principaux commandant militaire du CNT . Il est aujourd’hui chef d’État major de la nouvelle armée libyenne.

Enfin, cela confirme nos recherches qui indiquaient déjà un certain nombre de liens entre Ashur Shamis et la nébuleuse islamique.

D’après la fondation NEFA qui la cite dans un rapport sur le GICL , Shamis aurait eu plusieurs réunions avec Ibn-al-Shaykh al-Libi à Jalalabad en Afghanistan dans le but de planifier des opérations terroristes. Ibn-al-Shaykh al-Libi également connu sous le nom de Fakhiri, a été à la tête d’un camp d’entrainement Taliban important en Afghanistan. Il est arrêté en novembre 2001 au Pakistan, étant suspecté d’être lié aux attentats du 11 septembre. Il se retrouve ensuite entre les mains des américains, qui lui arrache des aveux sur des prétendus liens entre Al Qaeda et le régime irakien de Saddam Hussein. D’après différentes commissions, ce serait le principal témoignage permettant de lier Al Qaeda à Saddham Hussein. Pourtant tout le monde sait aujourd’hui qu’il n’existait aucun lien. Or Fakhiri connait également Norman Benotman et a garder des liens avec lui assez tardivement.

Pour finir sur les liens étranges d’Ashur Shamis, il est nécessaire d’évoquer deux personnages qui viennent compléter le tableau. Le premier, Aly Ramadan Abuzaakouk, est un libyen proche lui aussi des instances américaines. Il était présent en 1994 à la réunion évoqué précédemment organisé par le CSIS. Il est membre fondateur du Front National pour le Salut de la Libye. Enfin, il était présent en 2011 pour la remise des « democracy awards » par la NED. Il est également, d’après le site de la NED, le directeur actuel de la Libyan Human Development Forum. C’est donc un proche d’Ashur Shamis. Il est recherché par Interpol pour contrefaçon et usage de faux.

Le dernier personnage, et non des moindre, se nomme Robert D. Crane, de nationalité américaine. Il est fondateur du CSIS et ancien assistant de Kissinger,  Rothkopf et Brezinski au Conseil de Sécurité Nationale des États Unis . Nous pourrions penser que Robert D. Crane connait Ashur Shamis puisqu’ils gravitent tout les deux de près ou de loin autour du CSIS. Exact. Mais plus que ça. Robert D. Crane a signé, en 2010 , une pétition adressée à Obama réunissant des « démocrates arabes » (parmi lesquelles bien sûr Ashur Shamis, Aly Ramadan et d’autres Libyens du CNT), en tant que membre de la Libyan Human Development Forum. Ce qui en fait un collaborateur proche de nos deux compères recherchés par Interpol. Robert D. Crane est le lien direct entre les plus haut sommets de l’État américain, le CNT et des personnes affiliés de près ou de loin à la nébuleuse islamique.


Les liens sont nombreux entre islamistes radicaux, CNT, États-Unis et Angleterre. Ashur Shamis est une pièce d’un puzzle savamment orchestré depuis les capitales occidentales. Ce jeu se fait d’abord contre les intérêts des peuples libyens et africains. Malgré son mandat d’arrêt Interpol, il est cité en aout 2011 par de nombreux médias comme militants de l’opposition libyenne exilé aux Royaume Uni. Le 30 juillet 2011, il est cité par Libération et présenté comme un journaliste libyen basé à Londres.

Kadhafi avait prévenu dès le début du soulèvement qu’une grande parti des personnes se battant avec les « rebelles » étaient liés à Al Qaida. Tout l’Occident, chancelleries, presse et opinion publique, l’a raillé à ce propos, l’accusant de mentir afin de sauver son régime en jouant sur la peur de l’islamisme. Ce n’est que sept mois plus tard, après la chute de Tripoli, que les journaliste et chancelleries occidentales feront semblant de se réveiller en constatant que la chef militaire de la prise de Tripoli fait parti du GICL, que les islamistes sont en position de force au sein de la rébellion, qu’ils organisent des purges contre les travailleurs africains…

Seulement ces islamistes ne sortent pas de nulle part. Ils sont utilisés par les anglo-saxons pour lutter contre leurs ennemis. Si tout le monde admet qu’Al Qaeda a pris son essor en Afghanistan en 1979, financée par la CIA contre les soviétiques, peu de monde reconnaît que l’alliance avec la nébuleuse islamique s’est perpétrée en Bosnie, Tchétchénie, et maintenant en Libye. La question est de savoir si, pour la Libye, il s’agit simplement d’une alliance de circonstance afin de se débarrasser d’un ennemi commun, ou s’il a existé une planification commune. Les liens démontrés dans cet article font pencher vers la seconde solution.

Il est dangereux de jouer avec le feu en favorisant le développement des extrémistes. Le drame libyen semble être une répétition du scénario afghan. Des quantités d’armes phénoménales ont été disséminés par les occidentaux en Libye depuis le début de l’intervention de l’OTAN. Ces armes, y compris des armes lourdes, vont désormais jouer un rôle majeur dans les mains de la nébuleuse islamique très présente au Sahel. La région entière du Sahel (de la Mauritanie à la Somalie) risque d’être déstabilisée pour de nombreuses années. Cela va sans doute permettre l’installation de bases militaires anglo-saxonnes et françaises pour prolonger le pillage et le contrôle du continent africain, véritables objectifs de la guerre en Libye. Bien sur la raison d’être officielle de ces bases sera la lutte contre le terrorisme, auquel nous avons apporté notre contribution et notre soutien dans cette guerre. A cela il faut bien sûr ajouter la destruction d’un pays entier, que nos multinationales prendront soin de reconstruire avec l’argent des libyens.

Cet article aborde deux questions qui doivent être posées afin de créer un mouvement anti-guerre, anti-impérialiste et anti-colonialiste. D’une part, il apporte une contribution aux réflexions sur la planification de la guerre libyenne par les puissances occidentales. Mais surtout, cet article pose la question des véritables liens existant entre les États occidentaux et la nébuleuse islamique. Les stratégies impérialistes semblent en effet s’accommoder d’alliés islamistes alors qu’officiellement, ils sont l’ennemi numéro un de nos sociétés. Tantôt combattant de la liberté en Libye, tantôt ennemi au point de déclarer la guerre en Irak ou en Afghanistan. L’alliance historique entre États Unis et Arabie Saoudite, le deuxième étant ni plus ni moins qu’un protectorat du premier, en dit long sur le double jeu mené par les puissances occidentales vis à vis des tenants de l’islamisme le plus réactionnaire et conservateur.

Mathieu OZANON

L’impérialisme humanitaire au nom de la Justice Internationale : la croisade de la NED en Afrique


Lorsque la National Endowment for Democracy est crée en 1982, elle prévoit d’utiliser le prétexte des “droits de l’homme et de la démocratie” pour justifier ses activités. Elle va ainsi parvenir à sceller de très importants partenariats avec différentes associations de renommée internationale dans les années 90, comme par exemple avec la FIDH ( Fédération Internationale des Droits de l’Homme). La même décennie sera marquée par la participation des organisations de droits de l’homme, dont celles de la NED, aux premiers travaux qui conduiront à la naissance d’une cour de justice internationale permanente. Ces travaux démarrent en 1994 et aboutissent à l’adoption du statut de Rome en 1998. Mais seuls 121 pays sur 200 ratifieront les statuts de la Cour Pénale Internationale (CPI). Les ONG de la NED et de l’IEEDH (Initiative Européenne pour la Démocratie et les Droits de l’Homme) s’engagent alors dans un véritable lobby afin de convaincre les pays méfiants à l’égard de la Cour Pénale Internationale. Par ailleurs, certains intellectuels ont à l’époque vivement critiqué ce projet, dénonçant une chose prévisible: Cette nouvelle cour de justice pourrait en définitive devenir un instrument supplémentaire des puissants contre les faibles. En cette fin d’année 2011 le comportement de la Cour Pénale Internationale et de son actuel procureur Luis-Moreno Ocampo, ne font que montrer la légitimité de ces inquiétudes. La crédibilité de la CPI est plus qu’atteinte, son fonctionnement contesté, mais par-dessus tout son impartialité. Elle a en effet, dans le cas libyen, pris position en faveur d’un camp dans une Guerre Civile et cela sur la base d’aucune preuve solide.


Le double jeu des Etats-Unis face à la CPI.

Après deux réunions de l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1995, un comité préparatoire (PrepCom) est crée afin d’élaborer les statuts de la future Cour Pénale Internationale. Ce comité se réunira plusieurs fois par an jusqu’en 1998 - année de l’adoption du Statut de Rome. Au nom de la lutte pour la reconnaissance de la responsabilité des auteurs de crimes, de nombreuses ONG ont participé à PrepCom notamment en se réunissant au sein d’une organisation : La Coalition pour la Cour Pénale Internationale.

Cette dernière regroupe aujourd’hui plus de 1000 ONGs qui, au delà d’avoir participé à PrepCom, poursuivent une activité de lobbying auprès des Etats qui n’auraient pas encore reconnus la Cour Pénale Internationale. L’organisation est administrée par un Comité exécutif rassemblant une vingtaine d’ONGs parmi lesquelles Amnesty International ; la FIDH ; Human Rights Watch ; mais aussi des organisations de la NED comme l’ Associacion Pro Derechos Humanos (APRODEH). L’organisation se dote également d’un Conseil Consultatif dont le président est Kofi Annan et de membres parmi lesquels Lloyd Axworthy (un des pères de la R2P - responsabilité de protéger) ; le Juge Richard Goldstone ; le Prince Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein de Jordanie ; etc.

Parmi les ONG ayant participé à PrepCom, certaines incarnent de façon évidente les intérêts des États-Unis que l’on peut résumer ainsi: Les États-Unis ne souhaitent pas ratifier certains statuts de la Cour Pénale Internationale et ainsi rester à l’abri de cette justice. Mais ils souhaitent néanmoins pousser les États du monde entier, et en particulier ceux du Sud et leurs concurrents stratégiques à se soumettre à cette justice et donc à reconnaître la Cour et le Statut de Rome. A la suite de l’entrée en vigueur, le 1er juillet 2002, du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale , l’hostilité états-unienne s’exprime premièrement par un refus catégorique de toute coopération avec la Cour Pénale Internationale dans le cadre des possibles crimes américains commis dans la “lutte contre le terrorisme”. Cette volonté est formalisée par l’ American Service Members Protection Act (ASPA) signé le 2 Août 2002 par l’ex-président George W. Bush et garantit d’utiliser « tous les moyens nécessaires et appropriés pour libérer un citoyen américain détenu par la CPI ». Par ailleurs, les États-Unis tentent d’instrumentaliser la base légale de l’article 98 du Statut de Rome qui oblige une coopération des États signataires avec la CPI. Or les États-Unis n’entendent pas se soumettre à ceci et signent plus de 60 Accords Bilatéraux d’Immunité (ABI) afin d’exclure ses officiels et ex-officiels résidents dans les pays signataires de ces ABI de se rendre à la Cour Pénale Internationale dans le cadre d’un mandat d’arrêt.

Cette pratique est dénoncée par les mêmes ONG de la Coalition pour la Cour Pénale Internationale mais sans réel effet. En effet, les conséquences de la condamnation de la pratique états-unienne ne vont pas plus loin que les différentes condamnations concernant l’application partiale de la R2P (Responsabilité de Protéger) - qui n’a par exemple jamais été appliquée pour la protection du peuple palestinien. Les États-Unis se posent donc officiellement au dessus d’une justice internationale dont ils font par ailleurs la promotion auprès des États qui sont soient leurs adversaires stratégiques ; soient ceux vis à vis desquels ils ont des ambitions impériales.

Pour y parvenir, la NED et ses partenaires sélectionnent et forment des personnes à devenir des “défenseurs des droits de l’homme” et créent ainsi un véritable réseau de “société civile internationale”, ce à quoi on peut être assimilé le World Movement for Democracy de la NED. Les membre de ce réseau, bien qu’ayant une capacité d’action locale et indépendante, demeurent sous le contrôle de la NED et fournissent ainsi un support aux volontés impériales des États-Unis et de leurs alliés.

La Ned en Afrique

L’Afrique Sub-Saharienne est longtemps restée une zone d’influence francophone dont la France se servait pour poursuivre une politique post-coloniale de prédation des richesses (Uranium ; Pétrole ; Gaz). Mais au cours des années 90, les partenariats entre la National Endowment for Democracy et les ONG de droits de l’homme françaises se sont multipliés. Cette réalité peut être interprétée comme un manque de sérieux de la part des associations françaises dans la critique du néo-colonialisme mais en réalité c’est avant tout la question politique qui va influencer le travail et les réseaux des ONG de droits de l’homme en Afrique.

Un document daté d’Octobre 1998 peut attester de l’influence alors croissante de la NED en Afrique. Il s’agit d’un appel lancé par l’ONG Derechos Human Rights, une organisation financée par la NED en Amérique Latine. En réalité ce document a été écrit et publié par l’ Observatory for the Protection of Human Rights defenders (Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme). Cette organisation a été conjointement fondée par la FIDH et l’organisation mondiale contre la torture - une organisation présidée par l’ex-fonctionnaire français aux Nations Unies Yves Berthelot. Le contenu du document fait état de l’arrestation de plusieurs “défenseurs des droits de l’homme" en République Démocratique du Congo (RDC) :

  • Immaculé Biraheka

Immaculé Biraheka est la Directrice de l’organisation PAIF (Promotion et Appui aux Initiatives Feminines) basée à Goma, en République Démocratique du Congo (RDC). Cette organisation reçoit dés 1996 une bourse de la NED par l’intermédiaire de l’International Human Rights Law Group puis directement par la NED pour les années 2000, 2001, 2003, 2004, et 2005. Elle reçoit le Democracy Award en 2006, la récompense de la NED. Elle est officiellement arrêtée le 8 mai 1998 pour avoir rencontré Dave Peterson, le responsable de la NED pour l’Afrique depuis 1998.

  • Paul Nsapu

Paul Nsapu est l’actuel vice-président de la FIDH. Selon le Comité pour la Solidarité avec le Congo Kinshasa, il est arrêté en compagnie de Sabin Banza, le lundi 27 avril 1998 à la sortie d’un rendez-vous à l’ambassade de Belgique à Kinshasa. Ils sont alors respectivement président et vice-président de la Ligue des Électeurs (Elector’s League). Le président Laurent Désiré Kabila les accuse d’être des "espions au service de la Belgique et fomentant un complot pour le renverser”. La Ligue Des Électeurs est une organisation membre du réseau de la FIDH et du World Movement for Democracy (NED). Paul Nsapu est par ailleurs le coordinateur du Bureau National pour l’Observatoire et la Surveillance des Elections en République Démocratique du Congo.

Le 28 Octobre 2011, il est cette fois arrêté à Dakar alors qu’il y était attendu pour une conférence de presse où il devait présenter le dernier rapport de la FIDH et de l’Organisation Mondiale de la Torture. Il est cette fois arrêté en compagnie d’Alioune Tine, le président de la RADDHO.

  • Alioune Tine

Alioune Tine est connu pour être un violent opposant au président Wade. En effet, il multiplie depuis un certain temps ses voyages à l’étranger afin d’y obtenir le support des pays occidentaux. Il est par ailleurs le président de la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme). La réunion fête cette année ses 20 ans et est financée par des ambassades (États-Unis , Suède, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne) ; des ONG et fondations (Human Rights Watch, Fondation Ford ; etc.) mais surtout par AEDH (Agir ensemble pour les Droits de l’Homme), un partenaire français essentiel de la NED en Afrique. Son récent voyage aux États-Unis afin de demander une “intervention occidentale” au Sénégal ne fait aucun doute quant à ses ambitions.

La NED et la France partent en croisade droits-de-l’hommiste.


En décembre 2009, le président de la NED Carl Gershman se rend en France afin de resserrer les liens de la NED avec la France. Il y rencontre par la même occasion François Zimmeray, l’ex-Ambassadeur pour les droits de l’homme de l’ex-Ministre des Affaires Étrangères Bernard Kouchner. Des rencontres avec AEDH, la FIDH et d’autres associations sont organisées.

  • AEDH développe des programmes internationaux dont CIVIK (Consolider, Impulser et Valoriser les Initiatives de la société civile au Kivu). Le Kivu est une province du Congo Kinshasa (RDC) théâtre d’affrontements réguliers. Ce programme est réalisé avec le soutien de la Commission Européenne et de la NED.

        

  • AEDH propose également un “Programme de formation pratique de jeunes défenseurs des droits de l’Homme en Afrique”. Mis en œuvre avec 7 associations partenaires de la NED et de la FIDH (RADDHO ; OCDH ; Groupe Lotus, etc.), le programme a formé près de cent jeunes qui rejoignent ensuite des équipes associatives locales et partenaires. Ce programme est quant à lui financé par la NED, le Ministère Français des Affaires Étrangères, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (lui même partenaire de la NED), etc.

Comme on le voit, la NED et le couple AEDH/FIDH qui représentent en réalité les deux pays membres de l’OTAN les plus impliqués dans la prétendue défense des droits de l’homme et la démocratie, ont su depuis un certain temps nouer d’étroits partenariats afin de former des individus qui donneront une influence à leur réseau de société civile internationale.

La NED et la CPI.

Il est difficile de mesurer avec précision l’influence de la NED dans le soutien à la Cour Pénale Internationale et à sa reconnaissance internationale (États-Unis exclus). Il y a néanmoins des grandes lignes qui se dégagent des rapports entretenus par les membres de la NED et la Cour Pénale Internationale.

Alioune Tine, le président de la RADDHO s’est personnellement investi dans les travaux PrepCom de la CPI de 1996 à 1998. Par ailleurs et sur un autre volet relatif à la CPI, il a participé à la médiation en Côte d’Ivoire sous l’égide du National Democratic Institute (NDI), l’organisation démocrate de la NED. En 2009, il avait également appelé à la saisine de la Cour Pénale Internationale pour les “crimes commis en Guinée”.

Luis-Moreno Ocampo , l’actuel procureur de la Cour Pénale Internationale dont les preuves publiques attestant des crimes contre l’humanité commis par la Jamahiriya arabe libyenne se limitent à des articles de presse et des déclarations d’associations liées à la FIDH où à la NED, a lui même co-fondé une organisation de la NED en Argentine. Il s’agit de l’organisation Poder Ciudadano qui vise à “promouvoir la responsabilité citoyenne et la participation à la vie publique”.

Plus généralement, le travail de lobby auprès de la Cour Pénale Internationale a été délégué à la Coalition pour la Cour Pénale Internationale ainsi qu’à l’IEDDH (Initiative Européenne pour la Démocratie et les Droits de l’Homme). L’IEEDH est un projet qui fut initié par le parlement européen et son actuel vice-président Edward McMillan-Scott.

L’IEEDH est en réalité un instrument similaire à la NED pour l’Union Européenne et fonctionne sur le même modèle : c’est à dire en finançant des milliers d’organisations dans le monde. Au delà de s’attribuer un combat en faveur des droits de l’homme et de la démocratie, l’IEEDH favorise le travail de la NED en Europe et à l’international. Par ailleurs, son fondateur Edward Mc-Millan est un très bon ami de Carl Gershman, le président de la NED. Celui-ci le remercia chaleureusement pour son discours lors d’un séminaire de l’IRI (International Republican Institute) - la branche républicaine de la NED.  

La Coalition pour la Cour Pénale Internationale quant à elle poursuit officiellement un travail de lobby pour pousser des pays comme le Salvador à ratifier le statut de Rome. Elle revendique certains succès comme la ratification du Sénégal ou l’organisation de sempiternels plaidoyés en faveur de la ratification du Statut de Rome par les pays du Sud.

La Cour Pénale Internationale est manifestement un outil de domination dont les propres principes ne sont pas respectés par ceux qui sont chargés de la conduire. Le cas libyen est gravissime et reflète de façon évidente l’incarnation du colonialisme contemporain qui entend utiliser les droits de l’homme comme principe colonisateur. La codification du droit d’ingérence dans la R2P (Responsabilité de Protéger), alliée à une cour de justice partiale et au conseil de sécurité des Nations Unies, empêchent la possibilité même de l’exercice des principes dont ils prétendent pourtant être les outils. La National Endowment for Democracy et leurs alliés quant à eux fournissent la substance essentielle sans laquelle ce système de domination moderne ne pourrait fonctionner. Et il ne s’agit pas simplement d’un système idéologique et virtuel mais également d’hommes formés à ces idéologies ainsi que de structures financées et soutenues diplomatiquement. Ceci met en lumière l’alliance de l‘“Impérialisme Humanitaire” avec la “Justice Internationale” et révèle qu’ils ne peuvent exister de manière strictement indépendante.

Julien Teil

Julien Teil interview Cynthia McKinney à propos de la Libye et des menaces dont elle est victime

Reactions to the interview with Sliman Bouchuiguir

Diana Johnstone : “Humanitarian” intervention banalizes war, and increases the danger of 3rd World War Jean Bricmont : The 3 victims of the lie of the humanitarian war in Libya.

Réactions à l’interview avec Sliman Bouchuiguir

Diana Johnstone : Les interventions à but “humanitaire” peuvent précipiter le monde dans la 3ème Guerre Mondiale

Jean Bricmont : Les 3 victimes du mensonge de la guerre humanitaire en Libye

Jamahiriya vs Regime Change : Mouvement de contestation ou Réseau de contestataires ?

La stratégie du “Regime Change" - ou changement de régime - apparaît de façon évidente comme une composante incontournable de la guerre menée par l’Otan en Libye. Le soutien populaire dont bénéficie le régime de la Jamahiriya arabe libyenne provient en grande partie des bienfaits économiques et sociaux qui en découlent ainsi que du système tribal pour lequel la redistribution de la manne pétrolière était une garantie de l’unité nationale. Il s’agissait donc d’une société pensée comme organique et dont les sujets ou citoyens se devaient de faire corps avec ce “gouvernement des masses" (traduction de Jamahiriya). Afin de faire imploser la Libye, la réalité de ce système politique a été volontairement noircie par les médias occidentaux et parmi les libyens "insurgés".

Apprendre de la Jamahiriya.

La Jamahiriya aurait pu être présentée de façon honnête par des experts, des sociologues et des journalistes pendant le conflit qui a commencé fin Février en Libye. Mais il s’avère que les bénéfices de sa structure ainsi que son efficacité économique permettaient non-seulement le maintien de la Libye au rang des plus puissants fonds souverains (La Libye était classée 12ème) mais aussi son soutien au développement de l’Afrique. Or, c’est précisément ce dernier point que les puissances réunies dans l’OTAN voyaient d’un mauvais œil car constituant un concurrent majeur en Afrique, terre de conquête pour l’occident depuis des siècles.

Dés 2008, le Congressional Research Service (centre de recherche du congrès des États-Unis) a émis certaines réserves quant aux volontés affichées par cette Jamahiriya. Au delà d’une simple critique, ces commentaires annonçaient déjà une forme d’ingérence qui entendait utiliser les groupes d’oppositions internes à la Libye pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi. La première chose qui était reprochée à cette organisation politique était son fondement même et défini par le Congressional Research Service comme “L’autorité du peuple”. Par ailleurs les “propositions pour la dissolution des ministères d’État et pour la distribution du revenu”, parfaitement socialistes, était présentées comme douteuse. 

Les atouts intérieurs du Regime Change.


Dans le même document, publié une première fois en 2008, puis mis à jour le 25 Février 2011 - soit le jour du lancement de la stratégie diplomatique à l’encontre de la Jamahiriya libyenne au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies par le triptyque U.N Watch ; Ligue Libyenne des Droits de l’Homme ; National Endowment for Democracy - il est fait état des groupes d’oppositions internes à la Libye. Ces groupes sont présentés en 3 entités : d’une part les Exilés  et d’autre part les Frères Musulmans (Muslim Brotherhood) et le LIFG  (Libyan Islamic Fighting Group). Or les représentants de ces 3 entités via la National Endowment for Democracy sont dors et déjà alliés du département d’État américain.

Pourtant, dans le document du Congressional Research Service publié en 2008 le Libyan Islamic Fighting Group est désigné comme un groupe terroriste depuis décembre 2004, les actifs de la branche états-unienne ayant été gelés par le décret présidentiel 13224 en Septembre 2001. De plus, pour le département d’État américain et de nombreux experts, les liens entre Al-Qaïda et le Libyan Islamic Fighting Group ne font aucun doute. C’est pourtant en particulier sur les représentants de cette organisation que les pays membres de l’OTAN vont s’appuyer pour soutenir le changement de régime en Libye au nom de “la croissance et du développement des institutions démocratiques dans le monde”, mandat officiel de la NED.

La liquidation de la Jamahiriya.

La Jamahiriya arabe libyenne était donc un régime socialiste qui excluait les différentes formes d’extrémisme. Ce projet socialiste ambitionnait une redistribution des richesses à laquelle certains membres du régime étaient farouchement opposés. En premier lieu Mahmoud Jibril, qui avait été nommé par Saïf al-Islam Kadhafi pour moderniser et ouvrir l’économie libyenne à l’international. Mais Mahmoud Jibril avait déjà, avant les évènements de Février, rencontré Bernard Henri-Lévy à plusieurs reprises pour élaborer le projet de formation du Conseil National de Transition. Par ailleurs, lors de discussions avec d’ex-collaborateurs de Mahmoud Jibril, il nous avait été fait part de son avis quant au projet de redistribution des richesses et de dissolution des ministères : Pour lui, ce projet était “fou”. En effet, il ne croyait aucunement en la capacité du peuple libyen à disposer de tels “privilèges” et donc à déterminer son propre destin.

National Conference of the Libyan Opposition - Juin 2005 - Londres

Contrairement à d’autres membres du Conseil National de Transition, Jibril n’était pas présent en Juin 1994 lors de la conférence Post-Qaddafi Libya du CSIS (Center for Strategic and International Studies) ni à celle de la National Conference of the Libyan Opposition qui s’est tenue à Londres en 2005 et qui formalisa la création officieuse du CNT. Il fut donc un arriviste dans le processus de fédération d’un réseau de contestataires déjà entamé en 1994. Mais son rôle n’en fut pas moins important puisqu’il a contribué de manière efficace à la reconnaissance d’un gouvernement illégitime par les institutions internationales.

Le prétendu “mouvement de contestation” libyen n’est donc en réalité qu’un réseau de contestataires qui a su trouver un appui considérable au sein des pays coalisés dans l’Alliance. Ce réseau, au delà d’être assisté par l’OTAN, a également suivi les directives fournies par l’Alliance afin de faire imploser la Jamahiriya arabe libyenne. Une implosion dont la méthode a consisté à détruire tous les acquis économiques et sociaux de cette société organique afin d’en anéantir l’identité culturelle. Cette identité, indestructible, est basée en grande partie sur le système tribal, lui même garant de l’unité nationale.Il n’est donc pas étonnant d’avoir vu le CNT et ses alliés occidentaux insister sur le caractère non-tribal de la “Nouvelle Libye” (voir les documents ci-dessous).

Julien Teil

BHL parmi les “rebelles” en Libye avec en fond un slogan (voir ci-dessous)

Slogan de la propagande “rebelle” : No More Tribal System : We are one large Tribe

L’Etat Major russe dément que kadhafi a bombardé sa population

The Humanitarian War of the NED and the FIDH in Syria
The National Endowment for Democracy, or NED, is an organization that presents itself as an NGO officially dedicated to “the growth and strengthening of democratic institutions around the world”.  But in reality gets 95% of its budget from the United States Congress.  It was officially created by the Reagan administration in 1982.  

                              

The nature of the NED has led many contemporary intellectuals and researchers to describe it as an agency enabling US secret services to overthrow regimes which the State Department dislikes.

This description was supported by the testimony of Oliviet Guilmain, a researcher at the CECE (Centre for the comparative study of elections), during an information session at the French Senate concerning financing of the electoral process.  It is known that the NED finances opposition parties in numerous countries and provides special aid to exiles and opponents of regimes targeted by the US State Department.


In Syria, NED’s main organization is the Damascus Center for Human Rights Studies. It is also a partner of the International Human Rights Federation (FIDH) which received $140,000 following a meeting in December 2009 between Carl Gershman and self-styled French human rights organizations. NED’s French contact was François Zimeray, who was former Foreign Minister Bernard Kouchner’s Ambassador for Human Rights. Those present during that meeting included the Catholic Committee against Hunger and for Development (CCFD), the African section of AEDH (Act Together for Human Rights), Reporters Without Borders, SOS Racisme and the FIDH.

The International Federation of Human Rights is thus an official partner of the NED, as is also shown by its support for the allegations made by the ex-secretary general of the Libyan Human Rights League – also attached to the FIDH – against the government of Moammer Kadhafi.  Those allegations, also supported by the NGO “U.N Watch”, were what set off the diplomatic procedures against the Libyan Arab Jamahiriya.

In Syria, Dr Radwan Ziadeh is the director of the Damascus Center for Human Rights Studies. His highly impressive biography makes clear his engagement in favor of US foreign policy in the Middle East.  In particular, he is a member of the Middle East Studies Association (MESA) and director of the Syrian Center for Political and Strategic Studies in Washington. He was present alongside Aly Abuzakuuk – one of the NED representatives in Libya – on the occasion of the Round Table of the Democracy Awards bestowed upon “human rights activists” by the NED.


Moreover, there are strong similarities between the process of Humanitarian War in Libya and what is being elaborated in regard to Syria.  For example, U.N. Watch, an organization that coordinates the operations of the NED and the FIDH in Geneva, has already launched several petitions against the regime of Bachar Al-Assad. These raise against Syria the same allegations of massacres as those put forth by the ex-secretary of the Libyan Human Rights league, Sliman Bouchuiguir, at the UN Human Rights Council against Libya.

It is therefore urgent to denounce these procedures, all the more since recent history shows us that these allegations were not verified in the case of Libya, but also that they were not based on any solid proof, contrary to the claims of the International Criminal Court.

Julien Teil

La Guerre Humanitaire de la NED et de la FIDH en Syrie

La National Endowment for Democracy, ou la NED, est une organisation qui se présente comme une ONG officiellement dédiée “à la croissance et au renforcement des institutions démocratiques dans le monde”. Mais en réalité il s’agit d’un organisme financé à hauteur de 95% par le congres des États-Unis. C’est sous l’administration Reagan que sa création fut officialisée en 1982.

                              

La nature de la NED a conduit de nombreux intellectuels et chercheurs contemporains à la décrire comme une officine permettant aux services secrets américains de renverser les régimes qui ne conviennent pas au Département d’État.
Cette critique fut notamment étayée par les propos d’Olivier Guilmain, chercheur au CECE (Centre d’Etudes Comparatives des Elections), lors d’une session d’information au Sénat français  portant sur l’encadrement financier du processus électoral. En effet, la NED finance des partis d’opposition dans de nombreux pays et prête une assistance particulière aux exilés et opposants des régimes visés par le département d’État US.

En Syrie, Le Damascus Center for Human Right Studies est l’organisation principale de la NED. Elle est également partenaire de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme). Cette dernière a reçu 140 000$ U.S de la part de la NED suite à une réunion entre Carl Gershman et de prétendues organisations de droits de l’homme françaises. L’interlocuteur français de la NED fut François Zimeray, l’ex-Ambassadeur pour les droits de l’homme de l’ex-Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner. Lors de cette réunion qui s’est tenue en Décembre 2009, étaient présents : le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) ; la section africaine de l’AEDH (Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme) ; Reporters Sans Frontières ; SOS Racisme et la FIDH.

La Fédération Internationale des droits de l’Homme est donc un partenaire officiel de la NED comme le montre par ailleurs son soutien aux allégation de l’ex-secrétaire général de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme - elle aussi rattachée à la FIDH- à l’encontre du gouvernement de Mouammar Kadhafi. Cette dernière, également appuyée par l’ONG U.N Watch, est à l’origine des procédures diplomatiques à l’encontre de la Jamahiriya Arabe Libyenne.

En Syrie, le Dr Radwan Ziadeh est le directeur du Damascus Center for Human Rights Studies. Sa biographie, plus qu’impressionnante démontre son engagement en faveur de la politique étrangère des États-Unis au Moyen Orient. Il est en effet notamment membre de la Middle East Studies Association (MESA) et est le directeur du Syrian Center for Political and Strategic Studies à Washington. Il était également présent aux côtés d’Aly Abuzakuuk - un des responsables de la NED en Libye - lors de la Table Ronde des Democracy Awards, la récompense remise aux “militants des droits de l’homme” par la NED.

Il existe par ailleurs de fortes similitudes entre le processus de la Guerre Humanitaire en Libye et celui qui est en cours d’élaboration à l’encontre de la Syrie. En effet, U.N Watch, organisation qui coordonne les pratiques de la NED et de la FIDH à Genève, a déjà lancé plusieurs pétitions à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad. Pour ce faire les mêmes allégations de massacres que celles promues par l’ex-secrétaire de la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme Sliman Bouchuiguir au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, sont dors et déjà mises en avant à l’encontre de la Syrie.

Il est donc urgent de dénoncer ces procédures, d’autant plus que l’histoire récente nous montre que ces allégations n’ont pas été vérifiées dans le cas libyen mais également qu’elles ne reposent sur aucune preuve solide contrairement à ce qu’avance la Cour Pénale Internationale.

Julien Teil

Cynthia McKinney Introduction to “The Humanitarian War” by Julien Teil

Cynthia McKinney
Introduction to “The Humanitarian War” by Julien Teil
A Video of Lies, Deception, and Betrayal in sparking the war against Libya
27 October 2011


We’re human beings!  There is a time when the operation of the machine becomes so odious that you’re so sick at heart that you can’t take part.  You can’t even passively take part.  And you’ve got to put your bodies upon the gears, and upon the wheels, upon the levers, upon all the apparatus and you’ve got to make it stop.  And you’ve got to indicate to the people who run it, to the people who own it, that unless you’re free, the machine will be prevented from working at all!

Mario Savio, December 1964



In December 1964, the United States was a cauldron on fire.  Fervent anti-Vietnam War protests occurred alongside demonstrations and sit-ins as part of the broader Civil Rights Movement that included calls for recognition of indigenous rights, Black rights, Puerto Rican self-determination, Chicano rights, and women’s rights.  At this important moment of synchronicity, Blacks wore signs proclaiming, “I am a man” and young White pro-civil rights and anti-war demonstrators at University of California, Berkeley declared:  “We’re human beings!”

It is to our humanity that I now appeal.

During this long month of October, I can say without a doubt that all of our institutions, even those that exist solely for the pursuit of peace, have failed us:  from international organizations founded so that there would be no more war, to international institutions whose sole mission is to render justice, the mighty prerequisite for there to be any peace at all.

No justice, no peace.

And what kind of justice am I talking about?

The kind of justice that satisfies the soul that the idea of justice, the ideal of justice, has been served.

I’m talking about the substance of justice that gives form and mass to appearance.  Therefore, the justice of which I speak must be open—able to be seen by the public. However, merely the appearance of justice, without its substance, is shallow and recognizable.  The skilled eye can easily spot a sham, a kangaroo court, a railroaded defendant.  Especially when a foundational ingredient of justice is missing:  and that is, truth.

In my ascendant order, justice begins with truth and peace ends in affirming human dignity.

No truth, no justice; no justice no peace.

So what kind of peace am I talking about?  The kind of peace of which President John F. Kennedy spoke at American University in 1963.  President Kennedy said:

'There are few earthly things more beautiful than a university,' wrote John Masefield … He admired the splendid beauty of a university because it was, he said, a place where those who hate ignorance may strive to know, where those who perceive truth, may strive to make others see. I have therefore chosen this time and place to discuss a topic on which ignorance too often abounds and the truth too rarely perceived.  And that is the most important topic on earth:  peace.

What kind of a peace do I mean and what kind of a peace do we seek?  Not a Pax Americana enforced on the world by American weapons of war.  Not the peace of the grave, or the security of the slave.  I’m talking about genuine peace, the kind of peace that makes life on earth worth living; the kind that enables men and nations to grow and to hope and build a better life for their children.  Not merely peace for Americans, but for all men and women; not merely peace in our time, but peace in all time.

I speak of peace because of the new face of war… .

I speak of peace, therefore, as the necessary, rational end of rational men.  … But I also believe that we must reexamine our own attitudes—as individuals and as a nation.  … Every graduate of this school, every thoughtful citizen who despairs of war and wishes to bring peace, should begin by looking inward, by examining his own attitude towards the possibilities of peace … towards freedom and peace here at home.  … Our problems are man-made, therefore they can be solved by man; and man can be as big as he wants.  No problem of human destiny is beyond human beings; man’s reason and spirit have often solved the seemingly unsolvable.  Peace is a process—a way of solving problems.  … World peace, like community peace, does not require that each man love his neighbor, it requires only that they live together in mutual tolerance.  Submitting their disputes to a just and peaceful settlement.

Peace need not be impractical and war need not be inevitable.  No government or social system is so evil that it’s people must be considered as lacking in virtue.

That was President Kennedy in 1963.  He was not awarded a peace prize, but instead received a bullet through his brains.  Time and time again, he refused to go along with the abominable schemes of his own Pentagon (using nuclear weapons and implementation of Operation Northwoods are two examples).

However, we are now in the 21st Century and our United States President Barack Obama has been honored with a Nobel Peace Prize.  In light of events ordered by our Commander-in-Chief in Pakistan, Afghanistan, Yemen, and Somalia—for starters—clearly, the Nobel Committee at best acted prematurely, or perhaps have defined war as peace without letting us in on their new lexicography.  In addition, these aforementioned countries are merely appetizers, Libya was a much more substantial course, as Syria, Algeria, and maybe Iran are thought by many to be the next course in this multi-nation feast of blood.  Russia and China surely constitute the piece de resistance of the main course; and U.S. citizens at home and abroad seem to be the dessert.  Sadly, any visit to any airport since 9/11/01 or now, a ride down a Tennessee road where the Transportation Security Authority (TSA) reign, it feels like the dessert is being rolled out before the main course.

We know that truth is the first casualty of war.  We’ve seen it time and time again.  Lies have accompanied every modern war—from World War II to the Vietnam War.  Why would it be any different for these 21st Century wars?  It is not.  935 times our leaders lied to us in the run-up to the war against the people of Iraq.  And with Libya, some commentators have written that the lies have been even more offensive.

One lie has already been unraveled and I want to focus on that one right now.

The Libyan who went to Geneva and collected signatures on a letter demanding an investigation of the murders of thousands of Libyans by the Jamahirya government is now on video in an interview revealing how he used a network of friends to get the signatures on the letter and that he just relied on the word of others that thousands of Libyans had been killed by the Jamahirya government.  When asked point blank if he had any evidence whatsoever to prove that the allegations contained in the letter were true, he answered, “no.”

Everything that we have witnessed in Libya, all of the bloodshed, is based on the word of this one individual and he admits on camera that he had not one whit of proof that the letter’s contents were true.  He was not even allowed to occupy the first position as signatory to the letter!  The very first signatory to the letter is United Nations Watch, a non-governmental organization affiliated with the American Jewish Committee.  NATO commented recently that they have owned this operation from the beginning, unlike in Iraq.

And now look at Libya.

What of the, by some estimates, 20,000 people killed?  What of the  Libyans whose murders are readily available on the internet in videos, including the Qaddafi family.

What of the Libyans whose skin is dark like mine and who have been targeted for murder because some Libyans would rather be identified with Whites or Europeans and not the Africans that they are.

What about the migrant workers, who under the Jamahirya were viewed as partners in the development of Libya and Africa?  Many of them lost their lives because they chose to stay because the Libya jamahirya had been so good to them.  Those who did not stay, fled to unsafe refugee camps set up along the Tunisia border, some of whom were financed by the very countries contributing to the bombing.

What about the families of those migrant workers who depended on remittances from their loved ones just to survive?

What about the families of those incinerated underneath US/NATO bombs, whose names we will never know, and whose fate their loved ones will never know?

What about those left homeless by US/NATO bombing?  In the Jamahirya, every Libyan was entitled to a home.  In fact, the Jamahirya was in the process of building tens of thousands of housing units, readily visible all over the country.  Now, those habited and uninhabited have been destroyed.  While I was in Libya, I learned that the Jamahirya had set aside funding to repair homes and businesses damaged by the weapons of US/NATO and their allies.

What about the infrastructure totally destroyed, including the pipe factory for the Great Manmade River?

What about future generations of Libyans cursed to look like the deformed babies of Baghdad and Fallujah due to US/NATO’s use of depleted uranium?

What about the future of the African states and the African Union that depended on Libyan finance for many of their activities?

And finally, what of us?  Citizens of the United States whose tax dollars and silence—and in some cases, outright support—allowed this travesty to take place.  The Libyan people must be stunned by the silence of their friends.

What a spectacle of Hillary Clinton giving an order to kill and then laughing when she is told that it is carried out.  Hillary Clinton willingly joined ranks with Tzipni Livni, who during Israel’s Operation Cast Lead, defended Israel’s war crimes, crimes against humanity, and genocide against the people of Gaza; Clinton joins league with Henry Kissinger as someone having given a green light for murder.  Maybe now she will qualify for a peace prize, too.

US contractors are on the ground in Libya with reports of Blackwater being among the Qataris, British, French, Italian, US, and other Special Forces.  The Libyan people have been irreparably harmed and with the murder on 20 October of their Chief of all the tribes, Ali, unarmed at his home in Bani Walid, there are rumors of revenge killings already having begun.

Video images of the last moments of what we are told are Muammar and Muatassim Qaddafi, amid shouts of God is Great, make me shudder.  In my opinion, the dignity of all of us has been debased by the cumulative images of the US/NATO “humanitarian intervention” in Libya, starting with the meeting in Geneva at the United Nations Human Rights Commission, through the perorations of the US United Nations Ambassador, through all the videos of murders and death and destruction, through the events of 20 October and up to now.

As my fellow peace and human rights activists of the 1960s did, I now proclaim my own humanity:  my heart, soul, character, and ethics are intact.  I am deeply affected by what I have witnessed.  I am deeply disappointed in how far the United States has been steered off course.  The people of the United States do have the power still to stop this madness.  I recommend the words of our 35th President when he asks that each of us examine our own attitude toward peace.  And what kind of peace do we want for our country and the world?

Watch this video and then you, too, will know that everything that has happened to the people of Libya and the people of Africa who depended on them, and to us, too, in allowing this to take place, in some cases even advocating this, has been based on assertions where there is no evidence—admitted by the man who lodged the initial complaint followed by misinformation, propaganda, and deliberate disinformation.  I went to Libya with a delegation of journalists to strive to know; I participated in a 29-city tour in an effort to share the truth with those willing to hear.  I failed in my effort to stop the madness.  Sadly, in this affair, there has been no truth, no justice, no peace, and no dignity.

Click here and then question what we collectively have done (please be patient, it takes a while to load):

http://www.laguerrehumanitaire.fr/english or here for shorter load-up time:

http://www.youtube.com/watch?v=7gJz45K4Q50

Les ONG et le déséquilibre planétaire

                                      

La question de la guerre en Libye, et plus généralement des guerres dites “humanitaires” est centrale dans notre époque moderne. A la fin de la seconde guerre mondiale, l’organisation des Nations Unies a été fondée avec l’idée qu’elle pouvait garantir la paix internationale. Cette idée, juste sur le plan théorique, se révèle nettement plus bancale dans la réalité car au delà d’ignorer l’importance d’un monde équilibré, elle renforce la supériorité des puissances via le Conseil de Sécurité des Nations Unies. 

Avec la fin de la Guerre Froide, le bloc représenté par les États-Unis et leurs alliés a tout d’abord pensé que son hégémonie serait garantie pour le siècle à venir. Le PNAC (Project for a New American Century), soutenu par le complexe militaro-industriel états-unien à tendance néo-conservateur, est l’incarnation de cette pensée dans sa forme la plus politiquement agressive . Cette vision géopolitique états-unienne s’alterne sempiternellement avec celle des démocrates qui entendent utiliser les droits de l’homme et la démocratie comme prétexte à la guerre. Ces deux visions, bien que différentes dans la forme, représentent toutefois la même contestation de la notion irrémédiable d’équilibre des puissances. L’émergence de puissances telles que la Chine ou l’Inde a manifestement été perçu comme un obstacle majeur à ce nouveau siècle américain. Dés lors, la paix internationale ne peut être assurée que si cette notion d’équilibre des puissances est absorbée par la structure des Nations-Unies  Pourtant, rien de cela n’arrive, et ceci pour plusieurs raisons :

Tout d’abord, le conseil de sécurité des Nations Unies demeure un système hermétique et profondément inégalitaire. Deuxièmement, et cela est nettement plus méconnu, le système d’accréditation des ONG (organisations non gouvernementales) permet aux mêmes puissances dominatrices de pousser leurs idées au sein d’une organisation des Nations Unies pourtant sensée ne reconnaître que la stricte expression des souverainetés nationales.

                                      

La Guerre en Libye et les droits du plus fort.

La Guerre en Libye peut donc apparaître comme le point d’orgue de cette logique irréaliste car elle a, pour se justifier, usé de tous les artifices possibles et imaginables. Mais surtout, parce qu’elle a démontré de façon quasi-définitive que l’organisation des Nations Unies était bien un instrument de domination des États-Unis et de leurs alliés. Sa crédibilité, déjà précaire depuis au moins la chute du monde soviétique, est désormais sévèrement remise en cause par des puissances comme la Chine et la Russie qui n’entendent plus se soumettre au bon-vouloir de l’Europe et des États-Unis comme ils l’ont fait remarquer par leur récent véto contre la résolution à l’encontre de la Syrie.

                                    

Comme le montre notre entretien avec le Dr Sliman Bouchuiguir (depuis nommé ambassadeur de Libye en Suisse), les allégations à l’origine des actions entreprises contre la Jamahiriya arabe libyenne sont invérifiables et il n’existe aucune preuve allant dans le sens de ces allégations. Pourtant, via le système d’accréditation des ONG au Conseil des droits de l’Homme, la Ligue Libyenne des Droits de l’Homme, la National Endowment for Democracy (qui n’est pas une ONG) et U.N Watch, sont parvenues avec l’appui des médias à faire de ces allégations des vérités admises. En admettant que les ONG disent la vérité, et donc que le Dr Sliman Bouchuiguir disait vrai sur la “Stratégie de terre brûlée"  du Colonel Kadhafi, comment expliquer qu’il n’y ait pas eu d’enquête ? Les ONG sont elles vouées à être à la fois juge et partie ?

Notre point de vue est donc le suivant : Les ONG peuvent se révéler être un outil de domination diplomatique tout en bénéficiant d’une image prétendument neutre. Bien sur, l’idéologie des “droits de l’homme" renforce le soi-disant bien fondé de ces organisations et tétanise tout débat critique quant aux objectifs réels derrière cette idéologie. Le système de domination qui entend user des Nations Unies afin d’assurer sa survie utilise donc à la fois le Conseil de Sécurité et les ONG accréditées au département économique et social des Nations Unies. Ces deux stratégies ne peuvent, au moins dans le cas de la guerre en Libye, être dissociées.

Cela fait déjà plusieurs années que nous dénonçons les pratiques d’influence des ONG et il semble que ceci se vérifie. Nous avons également attiré à plusieurs reprises l’attention de nos lecteurs sur certaines volontés d’institutionnaliser et de codifier le rôle des ONG dans la politique internationale. Il existe là encore un risque majeur. Car dés le moment où les Nations Unies deviennent un outil de domination des puissants, alors son organisation ne peut être pensée que pour maintenir cette hégémonie : soit garantir qu’elle demeure entre les mains de ceux qui souhaitent l’orienter dans le sens de leurs intérêts. C’est exactement ce à quoi nous avons assisté lors des débats sur la question de la Responsabilité de Protéger (R2P). Perçue comme une logique des puissants par les pays émergents, elle a été encensée par les ONG, validant ainsi la marche en avant pour la codification du droit d’ingérence.

Or, dans le contexte d’un affrontement entre l’Occident et les puissances émergentes (BRICS en premier lieu), l’installation d’un monde multipolaire est inévitable tout comme la coopération entre les Nations au sein d’une organisation sensée limiter les risques de guerre. Le jusqu’au boutisme des États-Unis et de ceux qui ont choisis d’être leurs alliés risque donc de provoquer une escalade belliciste. De plus, leur régression économique est inévitable tant qu’ils limitent leur coopération avec les puissances dont ils ne souhaitent pas l’émergence. Sécuriser les approvisionnements en énergie par des actions militaires, ce qui a par ailleurs pour conséquence le reniement du droit inaliénable des peuples à disposer de leurs propres choix, risque vite d’être perçu -si ce n’est pas déjà le cas- comme l’expression d’un impérialisme sans fin.

Nous mettrons bientôt une base de données pour enquêter sur la Guerre en Libye sur notre site.

Julien Teil


Guerre Humanitaire en Libye : Il n’y a pas de preuve !
  • Ce document permet de comprendre comment le droit international et la justice internationale fonctionnent mais surtout comment leurs principes élémentaires peuvent être contournés. Les différentes résolutions adoptées contre la Libye se fondent sur la base d’allégations diverses : notamment sur la déclaration selon laquelle Kadhafi aurait utilisé l’aviation contre son propre peuple et engagé une violente répression contre l’insurrection, celle ci coûtant la vie à plus de 6000 civils.
  • Ces allégations ont été diffusées sans jamais avoir pu être vérifiées. C’est pourtant sur la base de ces affirmations que le gouvernement de la Jamahiriya Libyenne a été exclu du conseil des droits de l’homme des Nations unies avant d’être renvoyé devant le conseil de sécurité des Nations Unies.
  • L’une des principales sources à l’origine de l’affirmation selon laquelle Kadhafi aurait décimé son propre peuple est la ligue libyenne des droits de l’homme, une organisation rattachée à la Fédération internationale des droits de l’homme (la FIDH). Le 21 Février, le secrétaire général de la ligue libyenne des droit de l’homme le Dr Sliman Bouchuiguir avait été à l’origine d’une pétition avec l’organisation UN Watch et la National Endowment for Democracy. Cette pétition est signée par plus de 70 ONG. Puis, quelques jours plus tard, le 25 Février 2011, le Dr Sliman Bouchuiguir s’est rendu au conseil des droits de l’homme des nations unies afin d’y exposer les allégations concernant les crimes du gouvernement de Mouamar Kadhafi.
  • Au cours du mois de Juillet dernier nous nous sommes rendus à Genève afin de nous y entretenir avec le Dr Sliman Bouchuiguir…